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                    Musée Provencial du Houet, Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

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L’art en Afrique
L’art dans son contexte actuel et de façon générale fait l’objet de discussion.
Pour certains, l’art est le résultat d’une activité humaine faisant appel à des facultés sensorielles et intellectuelles. C’est aussi l’expression d’un idéal de beauté dans les œuvres humaines.
Pour d’autres, l’art est une convention selon la mentalité et le milieu d’un groupe de personne ou d’une société.
Ces définitions, d’une façon ou d’une autre, re rejoignent et se complètent. Elles marquent la diversité de l’art dans le monde, d’où la nécessité de la mise en commun des connaissances.
L’Art ne se discute pas. Il se vit et va de soi. Car, comme le dit un proverbe Yoruba « la plus belle femme fait la fierté de son mari ».

L’Art est né de la pensée religieuse qui imprégnait toutes les anciennes civilisations à travers lesquelles les sociétés s’exprimaient. Comme partout, l’art en Afrique était et est source d’une expression religieuse et culturelle qui ressort dans toutes les articulations de la vie. L’Art dans sa valeur d’expression littérale occidentale n’a de correspondance dans aucun vocabulaire des langues africaines. Le mot art, appliqué au produit de la croyance de nos ancêtres, se situe au début de la colonisation des Etats Africains. Quand nous parlons de l’Art en Afrique, nous pensons à ces manifestations d’un point de vue exclusivement occidental. L’Art africain n’a pas été perçu au début dans toute sa profondeur par l’occident qui n’a pas vu l’aspect esthétique.

Dans ses formes générales, l’Art africain paraît rechercher d’abord une action humaine sur l’au-delà. Il est un art de symboles, une codification qui comporte entre autres les signes graphiques, l’asymétrie, la volonté de disproportion se faisant marque distinctive d’une fonction. Il favorise la fonction du message et d’intermédiaire auprès de Dieu.

La fonction de l’Art africain se situe dans un domaine très hermétique dans la société traditionnelle. C’est le monde secret de l’initiation. Les mots viennent de plus loin que les hommes, disent les prêtres. C’est aussi le langage sacré qui n’est qu’un prêt. Ainsi rentre en ligne de compte plusieurs valeurs : sociales ; religieuses ; éducatives ; esthétiques.
Notons qu’en Afrique, la notion de l’art est plus profonde que le sens que l’occident lui donne.

De l’art ancien à l’art contemporain africain
L’art né de la pensée religieuse. L’esthétique était absolue pour se rapprocher de Dieu. L’artiste matérialisait l’expression religieuse à travers la sculpture, la poterie, le tissage, la coiffure, en suivant son inspiration, et en respectant le message spirituel et l’histoire du village. Sous le conseil du devin et à la demande du patient, le sculpteur ou le forgeron réalisait des œuvres qui étaient bénies par le devin. Pour ce faire, interviennent certains nombres de pratiques avant et après l’activité.
Cette connaissance se transmettait de père en fils, et devait être respecté pour marquer l’identité du village. Plusieurs facteurs plus ou moins connus donneront une autre forme à cette procédure qui est la production des copies des œuvres religieuses en dehors du sacré. D’où, on voit aujourd’hui sur le marché de l’art des figurines avec un mélange de plusieurs expressions (religion, continent, technique, style).
Si pour certains les témoins religieux de l’Afrique ont un caractère ludique, distrayant, pour d’autres, c’est la vie d’une société, la vision d’un groupe d’homme, d’un monde.

Il y avait à côté, l’art de la cour qui était exercé dans la cour du Roi. Il était pratiqué dans les régions où le pouvoir royal était fort et riche. Les œuvres devaient satisfaire la curiosité du Roi et de son entourage en marquant sa particularité. C’était un art très raffiné, utilisant des techniques savantes et des matières spéciales comme l’ivoire, l’or, le bronze, le bois dur, etc. Certaines figurines taillées ou sculptées, peintes ou patinées, forgées, tissées, devaient leur existence à la nécessité de servir rituellement.
Aujourd’hui, cet art est aussi exprimé dans l’art contemporain.

Ensuite, il y avait l’art populaire qui était réservé au reste de la population. Pour respecter la suprématie de Dieu et du Roi, celle-ci devait marquer sa simplicité. Au fil des années, l’art populaire malgré tout s’est frayé un chemin en se faisant une esthétique particulière. Au nord du Nigeria, des planches de fiançailles peintes de motifs géométriques étaient présentées à la belle mère. Le goût de la beauté était né.
L’aspect commercial a pris une importance. Les techniques et les styles s’échangèrent avec les voisins proches et lointains. Vite, l’art populaire s’est développé, et est devenu aujourd’hui l’art contemporain. À travers lui, se dessinent plusieurs articulations de la vie.

Aujourd’hui les produits du travail ne sont pas seulement le fruit de l’inspiration, mais présentent aussi le caractère commercial avant tout. Ce qui fait la différence entre l’artiste d’hier et le contemporain. L’artiste contemporain rejette l’inspiration qui faisait un tout de la vie, et opte pour le décor qui fait l’attirance du monde actuel.

Alors, on peut dire que l’art contemporain en Afrique est un condensé de l’histoire de l’art africain, à travers lequel on voit se dessiner la personnalité de l’Afrique. L’esthétique d’une société ne se reconnaît que lorsqu’elle dépasse sa sphère pour rejoindre celle du critique.

L’histoire de l’art africain est multilinéaire et non figée.


©  Lassina Millogo                                    contact : lassina_millogo@yahoo.fr


 

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